samedi 30 janvier 2010
mardi 12 janvier 2010
Lou is going to kill me
Je n’ai rien contre les trucs dark et creepy, mais tout ça est un peu trop pour moi. Ça devait être une simple mission de sauvetage : Boss a disparu, nous allons le chercher et nous retournons à Éomiss. Je m’étais déjà rendue dans ces grottes et je savais qu’elles étaient sans danger. Peut-être qu’il y avait eu un éboulement et que Boss était pris…? Et comme tous mes compagnons avaient accepté de m’aider, ça ne devait être qu’une question de quelques heures. Mais comme dans toute bonne situation qui nous implique, les choses devaient se compliquer.
D’abord, nous nous sommes rendu compte que la carte que nous avions n’était d’aucune utilité, quand nous sommes arrivés à une intersection qui n’était pas indiquée. Puis nous avons rencontré un membre de la guilde qui était en pleine panique. Il s’est écroulé par terre avant que nous ne puissions lui poser des questions et une grosse larve est sortie de son ventre. Je l’ai vite achevée d’un coup d’épée et j’ai questionné l’esprit de ce pauvre type. Je n’ai pas appris grand-chose à part que ce qu’il avait rencontré était «la mort» et que nous devrions fuir immédiatement si nous ne voulions pas mourir aussi. Mais comme aucun d’entre nous n’est sain d’esprit, nous avons plutôt décidé d’aller de l’avant.
Et puis nous avons pris le mauvais tunnel et nous avons été séparés par un éboulement. Je me suis retrouvée toute seule et j’ai eu un pied écrasé, c’étaient les moindres de mes soucis. D’un côté il y avait un couloir et de l’autre, un tas de pierres qui bloquait le chemin. J’ai essayé de me frayer un chemin en enlevant les roches, mais quand je me suis rendue compte que ça ne donnait rien, j’ai fait demi-tour.
Je n’ai rencontré aucune créature, mais quand j’ai entendu «sploutch», j’ai commencé à me poser des questions. J’ai regardé par terre et j’ai vu une mare de sang. Le temps que je relève la tête et quelque chose a coulé sur mon visage : c’était du sang. J’ai regardé au plafond et j’ai vu des morceaux de cadavres suspendus : des bras, des têtes, des jambes… Un véritable casse-tête morbide éparpillé sur plusieurs mètres. Le spectacle me dégoûtait, mais je me suis forcée à regarder. J’étais venue ici pour chercher Boss, alors s’il se trouvait au plafond.
Heureusement pour moi, je n’ai pas vu mon patron. En continuant de marcher, je me suis étalée dans une mare de sang et de tripes. Splendid… Je suis arrivée à une grosse porte de métal. Comme elle semblait verrouillée, j’ai fouillé dans les cadavres (ou plutôt dans les morceaux de) par terre à la recherche d’une clé. Ew, mais tant qu’à être couverte de sang…
Devant mon insuccès, j’ai défoncé la poignée. J’ai pu apercevoir un couloir éclairé de torches par le trou, mais je n’ai pas réussi à ouvrir la porte. J’ai appelé des zombies à ma rescousse, mais à part un beau concert de «hunh», ils ne m’ont servi à rien. Je suis retournée à l’éboulement en espérant qu’une illumination m’éclairerait, mais comme je n’ai pas eu d’idées de plus, je suis retournée à la porte. Il y avait une petite ouverture qui n’était pas là tout à l’heure. J’ai vu des monstres dans le couloir alors je les ai appelés pour qu’ils viennent m’ouvrir la porte.
Avant que je ne puisse les combattre, j’ai eu le plaisir de retrouver les autres, qui se sont débarrassés des monstres. Je ne sais pas qui les a traumatisés le plus, que je sois couverte de sang ou que j’aie appelé des zombies à ma rescousse. À mes compagnons s’est rajouté un minuscule dragon mignon comme tout et avec une irrésistible attirance pour l’or. Le seul qui manquait à l’appel était Gale.
Nous avons fini par retourner là où Sio avait vu Gale pour la dernière fois (après une compétition épique entre Arzhvael et moi pour tuer des monstres endormis) et nous avons descendu de quelques étages grâce à un dispositif dans le plancher. Gale se trouvait quelques étages plus haut, mais nous n’avions pas le choix de continuer tout droit.
Nous nous sommes retrouvés dans un autre couloir avec des torches et un signe sur le mur qui faisait vraiment «culte evil». Nous sommes passés devant quelques portes et nous avons croisés ce qui semblait être deux adorateurs du culte démoniaque. Ils discutaient d’un sacrifice qui allait avoir lieu incessamment en l’honneur de leur divinité. Nous avons réussi à en endormir un, mais l’autre s’est échappé, sans aucun doute pour sonner l’alarme. Avant de repartir, il fallait que nous nous occupions de l’autre. Nous pourrions l’attacher, le bâillonner et l’enfermer dans une pièce…? Raïko a dit que comme il était evil, nous devrions juste le tuer. Je ne voulais pas que ça pèse sur la conscience de qui que ce soit, alors j’ai amené le type dans une pièce et je lui ai tranché la gorge. J’espère que je ne passerai pas pour quelqu’un qui aime tuer…
Nous avons finalement décidé de nous diriger vers l’ascenseur qui montait, nous rapprochant par la même occasion de la salle des sacrifices. Nous avons dû accélérer le pas quand des aboiements se sont fait entendre derrière nous. Je savais au son qu’il s’agissait de chiens de guerre; ma famille en possédait. L’insouciance de ma jeunesse m’avait poussée à essayer de faire «ami-ami» avec eux jusqu’à ce qu’une blessure plus grave que les autres m’en dissuade. La sagesse obtenue avec l’âge me disait de mettre le plus de distance possible avec ces machines à tuer.
Nous avons réussi à trouver refuge derrière une grille… pour nous rendre compte aussitôt que nous n’étions pas seuls : il y avait avec nous, retenu par des chaînes, un gros monstre avec des immenses pics sur son dos. Nous l’avons combattu avec succès, mais pas sans être assez amochés : nous étions plusieurs à avoir reçu des pics dans le corps. Je n’en avais reçu que deux, mais ce fut bien assez, surtout après que j’en aie arraché un… pour me faire dire tout de suite après par Laurian qu’il ne fallait pas les enlever. Yeah, thanks for the warning. Laurian a raccourci le plus possible les pics et il nous téléportés à la surface.
Comme plusieurs n’étaient plus en mesure de se battre (Arzhvael et Raïko ressemblaient à des pelotes d’épingles), nous avons décidé que la meilleure chose à faire était de retourner en ville. Mais au cas où Gale sortirait, quelqu’un devait rester. Tania s’est proposée, ainsi que Callystus et Sio. Il n’était pas question que je laisse Callystus ici, surtout si elle n’avait presque plus de sorts. Quand elle a dit que de toute façon, si elle disait qu’elle voulait rester ici ça serait considéré comme un caprice, j’ai eu envie de la brasser un peu pour qu’elle se ressaisisse. Vouloir rester ici n’est pas un caprice, mais ta remarque en est un. Je te croyais plus mature, mais là, tu agis exactement comme ce que ton père croit que tu es : une enfant. Je pensais que le seul enfant capricieux que nous avions était Sio. Je n’avais aucune envie de le laisser ici, comme il avait une fâcheuse tendance à partir de son côté et à faire ce qu’il voulait sans regard de ce que les autres lui demandaient, mais quand je l’ai agrippé par le collet pour le ramener près de tout le monde, il a arrêté le temps pour se déprendre. Fine, suit yourself. Je veux bien croire qu’il est un enfant, mais ça ne lui donne pas le droit de faire n’importe quoi et ça ne lui donne pas non plus un passe-droit pour l’excuser de toutes ses actions/réactions. Peut-être qu’il a de bonnes intentions, mais à force d’agir de façon aussi égoïste, personne ne lui fera jamais confiance. Pourquoi aie-je perdu mon temps à lui demander de me promettre de ne rien faire de stupide durant notre absence…? Si ça continue comme ça, quelqu’un va finir par lui donner une (ou plusieurs) bonnes taloches pour lui remettre les idées en place…
Nous nous sommes téléportés directement dans une de nos chambres d’auberge. Comme Astaroth était beaucoup trop lourd, le plancher a défoncé, l’emportant ainsi que Raïko directement dans la cave à vin. Pendant que Callystus descendait pour s’assurer que tout allait bien, Laurian est parti demander l’aide de Lou et des guardians et moi je suis sorti en ville pour chercher un médecin. Avec la guilde, nous faisions souvent affaire avec le même médecin alors j’ai décidé d’aller le voir. Il n’a pas été très content que je le réveille en plein milieu de la nuit. Il faut dire que je devais avoir l’air un peu cinglée : couverte de sang et décrivant une créature dont il n’avait jamais entendu parler. J’ai quand même réussi à le convaincre qu’il s’agissait d’une urgence. Je lui ai payé une avance et nous sommes partis. J’ai essayé de le convaincre que je pouvais très bien me déplacer à pied, mais il avait l’air de beaucoup tenir à ce que nous utilisions son chariot.
En chemin, nous avons été bousculés assez violemment par… Astaroth… qui courait en direction sud sans Raïko sur son dos. Étrange… En d’autres circonstances, je lui aurais probablement couru après, mais ma priorité du moment était mes compagnons blessés. Encore une fois, je me disais que les choses allaient bien se passer : le médecin nous soigne, nous retournons chercher nos compagnons et Boss et nous revenons ici. Mais encore une fois, mon mauvais karma m’a rattrapé. Nous sommes arrivés à l’auberge et il n’y avait plus personne. La porte de la cave à vin était défoncée et à l’intérieur, il n’y avait aucune trace de Callystus ou de Raïko. Je suis montée à l’étage et dans les chambres non plus, il n’y avait personne. J’ai dû me résoudre à dire au médecin que son seul patient serait moi et que je le dédommagerais pour son déplacement. Il n’a malheureusement rien pu faire pour moi, mes blessures dépassant ses compétences. Mais au moins il m’a donné une potion qui engourdirait mes bras blessés et me permettrait de les utiliser sans ressentir la douleur.
Après son départ, j’ai exprimé ma colère dans un message que je leur ai laissé bien en évidence sur la table : Où êtes-vous partis bordel?! Je suis revenue et il n’y avait plus personne!!! J’ai vu Astaroth courir vers le sud. Je repars après lui. Amarice. Non, mais c’est vrai! Ça les aurait tués de me laisser une note m’expliquant pourquoi ils étaient partis?! Je plains la première personne du groupe que je vais retrouver. Il/elle va tellement entendre ma façon de parler! À part si c’est Kaïtos, parce que lui je n’oserai pas lui crier dessus.
Je suis arrivée à la porte sud, qui était grande ouverte et qui n’était plus gardée. C’était tout à fait inhabituel, car la nuit, les portes étaient toujours fermées et il y avait toujours des gardes qui les surveillaient. J’ai tenté de refermer la porte en me servant d’un levier, mais quelque chose la bloquait. En désespoir de cause, j’ai pesé sur le gros bouton rouge et l’alarme s’est fait entendre dans toute la ville. Ça n’a pas pris de temps que les soldats ont rappliqué à la porte sud. Je leur ai expliqué la situation et ils ont réussi à débloquer la porte. Une dague noire qui puait la darkness était ce qui avait bloqué la porte. Et quand elle a été enlevée, elle s’est évaporée en fumée presqu’aussitôt. Je n’aime pas ça… Pourquoi j’ai l’impression que c’est lié au fait que tout le monde a disparu de l’auberge? Ça serait une trop grosse coïncidence que ça ne le soit pas. Le capitaine des gardes m’a dit que j’étais une héroïne et que je méritais une récompense, que j’ai aussitôt refusée. Éomiss est ma ville et je n’ai fait que mon devoir.
Je n’avais plus rien à faire là alors j’ai décidé de retourner à l’auberge. J’ai été contactée par Laurian avant d’y arriver. Il se trouvait sur un toit avec Arzhvael, Ecko, Laguna et Kaïtos. Je me suis envolée pour qu’ils me voient et Arzhvael m’a fait signe avec une boule de light. Quand je les ai rejoints, j’ai finalement appris la raison de tout ce bordel : Callystus et Raïko avaient été kidnappés. Quoi? Non mais, quoi?! Comment ça «kidnappés»? Ça ne peut pas être la White Blade, parce qu’ils ne se seraient pas contentés de seulement Callystus et Raïko. Mais qui alors? Qui pourraient leur vouloir du mal ici?
J’ai expliqué à tout le monde ce qui s’était passé et ce que j’avais découvert, mais nous sommes d’abord retournés à l’auberge. Forest était parti à l’ambassade pour chercher Lou et les autres guardians. Lou… Il va encore me traiter d’incompétente. Il va me blâmer à propos de tout et il va vouloir m’arracher la tête. Je ferais peut-être bien de faire mon testament tout de suite… Heureusement pour moi, mais malheureusement pour tous les autres, Forest ne les avait pas trouvés. À la porte sud, Laurian a réussi à trouver la trace de Callystus qui se dirigeait dans cette direction, mais il était trop dangereux de voyager de nuit dans le désert à pied. Moi j’avais envie d’y aller quand même (je pouvais me déplacer en volant), mais je me suis rangée du côté des autres : nous allions retourner aux grottes pour chercher nos autres compagnons et récupérer les lézards pour que nous puissions aller chercher Callystus et Raïko en toute sécurité (et botter très intensément les fesses de ceux qui avaient osé les kidnapper).
Quand nous sommes arrivés aux grottes, il n’y avait plus personne dehors. Laurian a réussi à les repérer à l’intérieur alors nous nous y sommes tout de suite rendus par magie… et nous nous sommes retrouvés en plein bordel. Il y avait des types à capuche rouge partout, un gros monstre à tentacules et nos compagnons qui se battaient contre eux. Bon... Je pense que nous n’avons pas le choix : taïaut.
jeudi 7 janvier 2010
Speed dating
Merci pour l'idée Caro-chan.
1-Quel est ton emploi?
Mercenaire, garde du corps de Callystus.
2-Quelle est la chose à propos de toi que tu aimerais révéler?
Quand j’étais plus jeune, je rêvais d’être druide/vétérinaire.
3-Quelle étais ta dernière relation et combien de temps a-t-elle duré?
Avec Kira (ma seule relation en fait), 6 mois. Mais les choses ne sont pas tout à fait terminées…
4- Que cherches-tu dans une relation?
Un homme qui m’aime, me respecte et surtout, qui m’accepte telle que je suis.
5-Que crois tu être la valeur la plus importante dans une relation?
L’honnêteté.
6-Voudrais-tu un jour te marier?
Si je retrouve Kira, oui.
7-Désires-tu des enfants?
Voir réponse précédente.
8-De quoi es-tu le plus fière?
…Je n’ai besoin de personne pour foutre la merde dans ma propre vie? Je ne sais pas…
9-Crois-tu au coup de foudre?
Oui.
10-Suis-tu la politique?
Comme si j’avais le temps…
11-Quel est l'objet que tu chéris le plus?
Une chemise de Kira, qui me sert de pyjama, deux plumes de Kira, que je traîne toujours avec moi, un livre que Kira m’a donné, un collier dont Kira possède la moitié…
12-Quel est ton mois préféré de l'année?
Aucun en particulier. Mais à l’inverse, je n’aime pas particulièrement septembre et je déteste décembre.
13-Quel est le dernier livre que tu as lu?
Un livre avec des images de bébés phoques, ça compte?
14-Quel genre de musique écoutes-tu?
…Ecko qui joue de la flûte, Callystus qui chante.
15-As-tu des animaux ?
J’ai des plushies? J’aime bien mon dragon noir et orange…
16-S'il te restait 6 mois à vivre que ferais-tu?
Je ferais tout pour retrouver Kira et lui parler.
17-La compatibilité sexuelle est-elle importante pour toi?
(Rouge tomate) Euh… … …
18-Si tu recevais à souper, que ferais-tu ?
Ça risque de poser problème, parce que je ne mange pas… J’engagerais quelqu’un.
19-Décris les vacances idéales?
Ça veut dire quoi «vacances»? Un moment où personne ne nous poursuit pour nous tuer?
20-Es-tu matinale ou tardive?
Tardive si je le pouvais, mais mon horaire m’oblige à être matinale.
21-Aimerais-tu grimper une montagne ou traverser le désert?
Je vis dans le désert, alors grimper une montagne. J’adore la nature.
22-Quel adjectif un ami utiliserait pour te décrire?
Je suis une personne qui tient sa parole.
23-Si tu pouvais vivre partout dans le monde ou irais-tu?
Là où Kira est.
24-Dans les souliers de qui aimerais-tu passer une journée?
… Ma mère.
samedi 19 décembre 2009
Résumé de la situation: nous sommes baisés...
Dsl pour les petites incohérences ou erreurs: j'étais tellement fatiguée à la fin de cette game-là que je me souviens à peine des dernières heures. :(
Callystus et moi nous nous sommes fait amenées de l’autre côté du portail. J’avais brillamment essayé de m’enfuir et une de mes ailes s’était brisée. Ça ne m’a pas empêchée de me débattre, mais un des quinze gardes qui me traînaient (Oui, quinze. Est-ce que je dois me sentir flattée qu’autant de soldats se soient mis sur mon cas?), a tordu mon aile directement là où elle était brisée. J’ai dû me mordre les lèvres pour m’empêcher de hurler. Espèce de petit salopard… Si jamais je réussis à me libérer, je vais te…
De l’autre côté, les prêtres n’ont pas arrêté d’essayer de me soigner. Ça ne leur a pas suffit que je tente de m’éloigner et que je leur signifie verbalement de façon très claire que je ne voulais rien avoir à faire avec eux. J’ai dû les mordre pour qu’ils comprennent enfin qu’ils ne devaient pas m’approcher. Les prêtres sont vraiment trop obstinés, que ce soit d’un côté ou de l’autre… mais au moins, Laurian comprenait quand je lui disais de me laisser tranquille. Callystus et Laurian (Qui avait décidé de nous suivre?) n’étaient pas blessés.
Nous avons fait la connaissance de Demeter, qui occupait la troisième position du haut commandement de la White Blade. Elle a accepté de nous détacher en échange de notre promesse de ne pas nous débattre. J’ai dû encore répéter que je ne voulais pas me faire soigner, mais qu’une aide pour replacer mon aile serait très appréciée. C’est la prêtresse folle qui s’en est chargée. Elle a replacé mes os sans aucune douceur, m’arrachant quelques larmes, Même pas mal…
Nous sommes ensuite allés discuter avec Demeter dans son bureau, où nous avons pu expliquer les raisons de notre absence lors de la réunion il y avait maintenant trois semaines. Une autre rencontre allait donc être cédulée. Demeter nous a dit qu’ils se chargeraient de retrouver le restant de notre groupe, qu’ils ne pouvaient repérer pour l’instant. Je suis certaine que Callystus et Laurian ont su le pourquoi du comment, mais personne n’a heureusement rien dit.
Quand est venu le temps des présentations, les choses ont failli bien se dérouler. Laurian s’est présenté en tant que prêtre, Callystus en tant que simple méréenne, mais moi… Demeter m’a jeté un drôle de regard quand j’ai dit mon prénom et je savais pourquoi. Oh non, pas une autre… J’ai survécu quatre ans sans problème, mais à la minute où je révèle ma véritable identité, tout le monde est au courant! Quand elle m’a demandé si je faisais partie des Red Wings, je n’ai rien répondu. À quoi bon mentir dans un endroit où il y a des «detect lie» à chaque dix pieds? Elle a dit que ma présence pourrait compromettre les relations diplomatiques que la White Blade avait avec ma famille. Relations diplomatiques? Avec ma famille? Come on! Si je n’avais pas aussi mal, j’en rirais.
Nous n’étions pas prisonniers. Nous pouvions circuler où nous voulions, excepté dans l’aile ouest, mais je n’ai pas osé demander pourquoi. Notre seule autre restriction était de nous faire escorter si jamais nous voulions sortir à l’extérieur du temple. Demeter nous a accordé du temps pour que nous puissions décider qui irait voir notre groupe pour lui expliquer la situation. Un soldat super motivé et sympathique nous a ensuite conduit jusqu’à nos chambres. Callystus et moi ayant décidé de prendre un bain, nous avons convenu de retrouver Laurian d’ici une heure pour discuter de la situation.
J’aurais aimé prendre mon temps, mais j’ai dû écourter mon séjour dans l’eau à cause des autres femmes. Elles n’arrêtaient pas de chuchoter en me regardant. Je ne comprenais pas ce qu’elles disaient, mais je savais qu’elles parlaient de mes ailes. J’adore être arcadienne, mais quand on me regarde comme une paria, j’aimerais presque ne pas en être une. Je me suis lavée en quatrième vitesse et je suis sortie dans les jardins, où j’ai tenté de faire ami-ami avec les écureuils, les suisses et les zozios.
Quand Laurian, Callystus et moi nous sommes retrouvés à nos chambres, nous avons décidé que Callystus serait la mieux placée pour partir. Jamais je n’accepterais de la laisser seule avec Laurian et je ne voyais pas ce dernier tenter de raisonner Lou. C’est après ça que Laurian et Callystus sont partis sur un méchant trip de drogue. Ils ont dit tous les deux (il fallait bien que ce soit sur ce sujet là qu’ils soient d’accord) que j’étais la mieux placée pour être chef. D’accord. Je veux bien admettre que je tiens toujours mes engagements et que je suis assez intelligente pour reconnaître que Laurian émet de bonnes idées malgré le fait qu’il soit un démon, mais de là à dire que je ferais un bon chef… Je n’ai jamais fait ce genre de chose. Je ne suis pas une personne qui va diriger normalement, je suis une personne qui va taper. Vous avez tous les deux fumé du très bon stock. Ou alors vous vous êtes cognés la tête tellement fort que vous avez une commotion cérébrale et vous ne savez plus ce que vous dites ou faites. Moi, chef…?
J’ai voulu aller informer Demeter immédiatement de notre décision, alors j’ai dit aux deux illuminés que j’allais y aller seule. J’avais quelques questions à poser à Demeter et je ne voulais pas qu’ils entendent. J’ai dit à moitié en plaisantant à Callystus que si j’allais être chef, je voulais un écusson avec «chief» écrit dessus. Je n’aurais pas dû : je crois qu’elle m’a prise au sérieux… Demeter n’était cependant pas à son bureau. Je n’avais pas réalisé qu’il était si tard… Je suis retournée voir Callystus et nous avons regardé les informations qu’elle avait prise sur les armes sous-élémentales jusqu’à ce que Laurian viennent nous voir. J’ai eu une impression de déjà vu avec deux d’entre elles : Mortega et Banshee. Étrange… Est-ce que chaque personne n’est pas censée être rattachée à une seule arme? Nous avons regardé très attentivement les infos sur la deuxième prophétie quand Laurian nous a rejointes et nous sommes allés nous coucher.
Un hurlement de la mort qui tue m’a réveillée en plein milieu de la nuit. J’ai reconnu Callystus alors je me suis tout de suite précipitée dans sa chambre, suivie de près par Laurian. Je ne sais pas pour quoi ou pour qui elle nous a pris, mais elle nous a attaqués dès qu’elle nous a vus. Laurian m’a couvert et je n’ai pas été blessée. Peu importe ce à quoi elle a rêvé, ça l’a complètement paniquée : elle recroquevillée dans un coin de la chambre et elle tremblait. Je ne pouvais pas décemment la laisser seule alors je l’ai prise dans mes bras et je l’ai réinstallée sur son lit. Je me suis ensuite installée derrière elle et je l’ai gardée contre moi toute la nuit. Je n’ai pas osé lui demander ce qui l’avait autant troublée. Elle m’en parlera bien quand elle se sentira prête…
Le lendemain matin, nous avons été convoqués au bureau de Demeter, que nous avons pu informer de notre décision. Comme la condition du meeting était toujours que nos maîtres d’armes respectifs soient neutralisés, ils allaient devoir porter un collier qui les empêcherait d’utiliser leurs pouvoirs. Demeter nous a promis en signe de bonne foi que leur maître d’armes serait neutralisé en premier. Les devices avaient cependant besoin d’ajustement. Comme Callystus s’y connaissait en artefacts, elle pourrait aider. La rencontre était prévue pour dans une semaine, à la ville de Lotus, qui se trouvait dans Hopesor.
J’ai ensuite demandé aux deux autres de sortir. Pour ce que j’avais à demander à Demeter, je ne voulais avoir aucune oreille indiscrète. J’allais probablement en parler à Callystus plus tard, mais pour l’instant… J’ai demandé à Demeter si elle avait l’intention d’informer ma famille de ma présence ici. Elle m’a alors informée que ma tête était mise à prix pour une forte somme… par ma famille. Génial, en plein ce dont j’avais besoin. Je ne pouvais pas dire à Demeter pourquoi ma famille me recherchait alors je me suis contentée de lui jurer que je n’avais rien fait d’illégal. En retour, elle m’a assuré que ma présence ici ne serait jamais divulguée. Inutile de mentionner que je lui en ai été extrêmement reconnaissante. Je sais bien que je vais devoir dealer avec ma famille un jour prochain, mais je ne suis vraiment pas pressée de le faire. Je crois que je vais quand même devoir en informer les autres. Tout le monde a droit à ses secrets, mais quand ils risquent d’affecter tout le monde… Et dieu sait sur quelles personnes avides d’argent nous risquons de tomber si je suis reconnue…
Callystus a réussi plus tard à communiquer avec son père et elle nous a informés d’une grave nouvelle : un des guardians était très mal en point. Il s’agissait de Kaïtos. Oh non… Il ne peut pas mourir… Mais qu’est-ce que je peux faire pour l’aider? Une des formes de Laurian était un élémentaliste de feu alors il a décidé de partir pour aider Kaïtos. Callystus m’a suggéré de partir avec lui. Elle savait que j’étais beaucoup attachée à lui et que je serais très inquiète tant que je n’aurais pas de nouvelles de lui. J’avais plus qu’envie d’aller voir Kaïtos, mais j’étais d’abord et avant tout la garde du corps de Callystus. Ma priorité était de la protéger alors même si j’avais déjà son accord, j’ai préféré lui demander si elle était vraiment-vraiment- vraiment-vraiment- vraiment-vraiment- vraiment-vraiment- vraiment-vraiment certaine que je pouvais partir. Quand elle m’a répondu que oui, il ne m’en a pas fallu plus pour que je dise à Laurian que nous pouvions partir.
Kaïtos était effectivement mal en point. Même si je me doutais que ça ne servirait à rien, je me suis agenouillée devant lui et je lui ai demandé si je pouvais faire quelque chose pour l’aider. Fier comme toujours, il m’a répondu que je devrais plutôt m’occuper de mes priorités. C’est ce que je fais, vous ne l’aviez pas compris? Laurian-qui-n’est-pas-Laurian a ensuite utilisé du feu pour le soigner. Je pense qu’il va s’en tirer. Tant mieux… Il y a si peu de personnes à qui je tiens en ce monde, alors je n’ai pas envie d’en perdre une seule.
Avant que nous ne repartions, j’ai encore eu l’occasion de me faire traiter d’incompétente par le père de Callystus. Quand il s’est rendu compte que j’avais laissé sa fille chez la White Blade, il ne s’est pas gêné pour me critiquer. Je l’ai laissée là-bas parce que j’ai jugé qu’elle ne courait aucun danger. Je commence à en avoir vraiment ras-le-bol de cet homme. La prochaine fois qu’il osera me critiquer, je vais vraiment me fâcher.
Quand nous sommes retournés au temple de la White Blade, Raïko est venu avec nous, car il semblait être le seul qui avait envie que nos deux camps se rencontrent. J’ai eu le choc de ma vie en retournant là-bas : Callystus avait coupé ses cheveux. Ses si beaux cheveux, si longs, lui arrivaient à peine aux épaules maintenant. J’ai eu envie de pleurer. Pourquoi…? Moi je n’aurais jamais pu, en tout cas pas sans le risque de me taper une méchante déprime.
Nous sommes allés tous les quatre parler à Demeter pour l’informer du refus catégorique de Gale de porter un collier qui le neutraliserait. Nous espérions qu’un meeting serait tout de même possible, peut-être même sur place, étant donné que toutes les personnes intéressées étaient présentes. Mais Demeter a été catégorique : le haut dirigeant de la White Blade serait présent alors aucun compromis n’était possible. I guess this means there’s not going to be a meeting. C’est assez frustrant d’avancer dans le noir, mais je ne suis pas prête à mettre le collier de force à Gale pour avoir des réponses. There would be no going back after that. Les choses n’étaient cependant peut-être pas totalement perdues. Nous avions une semaine pour réfléchir (je mets une croix sur convaincre Gale). Ceux qui voulaient rejoindre la White Blade pourraient le faire d’ici là. Passé ce délai, il faudrait oublier les pourparlers. Demeter a été très honnête : ils ne se gêneraient pas pour utiliser la force pour nous récupérer.
J’étais plutôt déçue quand je suis partie, car j’aurais vraiment aimé savoir pourquoi exactement la White Blade nous poursuivait, que savaient-ils, quels étaient leurs buts, quel était leur opinion sur la prophétie… Moi j’étais plutôt incertaine face à ce dernier point. Il y a six élus et six non-élus qui vont se taper dessus pour décider qui fera partie de quel camp et les six élus seront possiblement sacrifier pour sauver le monde… Comme j’ai dit à Laurian, quel que soit le camp où chacun se retrouvera, nous sommes baisés? Alors tant qu’à possiblement mourir, je préfère encore rester auprès de ceux que j’aime. Je crois que Laurian s’imagine que je reste pour Callystus et/ou Kaïtos. Ma raison est toute autre, mais je crains de me faire regarder bizarrement si je la dévoile…
dimanche 6 décembre 2009
J'ai honte de moi
La journée avait pourtant si bien commencé...
J’étais allée prendre une marche avec Callystus pour pouvoir lui parler. En fait, je lui avais pas subtilement fait comprendre que c’était dans son intérêt de m’accompagner. Je n’ai pas eu à insister pour connaître les raisons de son malaise de la veille. Elle cherchait des renseignements sur ses vrais parents et elle avait été regarder dans la biographie de son père. Ce dernier l’avait surprise sur le fait.
Je lui ai dit de ne pas trop s’en faire. C’était préférable d’avoir un père qui vous aimait et de le décevoir que d’avoir un père qui essayait de vous tuer. Je lui ai raconté très rapidement ce que j’avais découvert dans la bibliothèque. Elle en a été scandalisée. Elle m’a dit que le monstre c’était mon père et pas moi. Sa réaction m’a beaucoup touchée. Si elle se mettait en colère, c’est qu’elle tenait à moi. Qu’est-ce que ce sera le jour où elle saura tout? Car au rythme où vont les choses, un jour je me sentirai peut-être assez à l’aise pour tout lui dire. Comment réagiras-tu Callystus, le jour où tu sauras tout ce que mon père a fait pour tenter de me briser…?
J’ai plus tard encore taquinée Callystus sur le fait qu’elle était une princesse. Elle m’a couru après dans presque tout le village. Nous avons fini par tomber sur son père. J’ai pris grand soin de rester à l’écart, assez loin pour ne rien entendre de leur conversation… ce qui n’a pas empêché le père de Callystus de m’accuser de les espionner. Ben là… Pourquoi vous n’arrêtez pas de me traiter d’incompétente?
Les choses ont commencé à se compliquer quand Callystus a décidé de se pousser toute seule de son côté. Laurian avait des révélations à faire, mais il a dit au père de Callystus que pour la sécurité de sa fille, il était préférable qu’elle n’entende pas. Callystus n’a pas semblé apprécier ces cachotteries, alors elle s’est sauvée. En bonne amie et garde du corps, je suis évidemment partie à sa poursuite. J’avais beau l’adorer, ce qu’elle venait de faire n’était pas brillant du tout et je devais lui dire.
Je comprends que se faire cacher des choses en plein visage n’est pas agréable, mais tu dois comprendre que toute information n’est pas bonne à savoir pour tout le monde. Ton père t’aime et ne veut que ton bien, alors s’il juge que tu ne dois pas entendre certaines choses, tu dois lui faire confiance. Enfin… C’est ce que j’aurais dit à Callystus si je l’avais rattrapée…
Elle volait beaucoup plus vite que moi et n’a eu aucun mal à me distancer. J’étais arrivée au début du désert et je ne la voyais toujours pas. Le désert… Quelque part devant moi, beaucoup plus loin, il y avait Éomiss, le seul endroit que je pouvais pseudo-considérer comme chez moi. J’aimerais tant y retourner. En tout cas, il faudrait que j’y retourne, ne serait-ce que pour dire à Boss que je suis toujours en vie. Il va tellement m’engueuler…
J’allais me remettre en route quand j’ai entendu la voix de Laurian-qui-n’est-pas-Laurian dans ma tête. Il me demandait d’aller chercher Callystus. Retrouver Callystus? Pas de problème… ♫La, la, la…♫ Je m’étais remise à voler quand j’ai encore entendu sa voix : il me disait qu’il avait retrouvé Callystus et que je devais m’en retourner vers Kotuu. Retourner à Kotuu par moi-même…? Pas de problème… ♫La, la, la…♫ Je devrais y arriver… d’ici un jour ou deux…
Mon incertitude a dû transparaître de façon très évidente dans ma voix, car Laurian-qui-n’est-pas-Laurian (il m’a dit qu’il s’appelait Narkmal) est venu me chercher et il nous a téléportés à Kotuu. Sitôt arrivée, je me suis sentie très mal. Il y avait au-dessus de la ville un dôme que je savais être fait de light. Oh non… Je la sens mal…
Nous sommes retournés à la maison de Kyle juste à temps pour voir Zee s’effondrer. En tant que guardian de darkness, le light devait l’affecter à un niveau que je ne pouvais même pas imaginer. Narkmal m’a suggéré de la prendre dans mes bras, ce que j’ai tout de suite fait. Nous partageons le même sang, alors peut-être qu’elle pourra absorber une partie de mon énergie…?
Et puis il a fallu que les choses dégénèrent encore plus. Kaïtos a décidé qu’il n’était pas question pour lui de rester avec une bande de froussards comme nous et il est sorti. Pensez-vous qu’il a écouté les guardians qui ont essayé de le retenir? Non, pas du tout. Vous êtes mortel maintenant, dois-je vous le rappeler? Comme l’état de Zaphira ne s’améliorait pas, j’ai annoncé aux autres d’une voix très joyeuse et super motivée que j’allais aller me suicider dehors. J’ai donné Zee à Laguna, j’ai pris une profonde inspiration et je suis partie à la poursuite de Kaïtos.
Le light qui recouvrait la ville m’a aussitôt donné un sentiment d’oppression assez intense. Je la sens tellement mal… Pourquoi suis-je sortie? Je mentirais si je disais que me faire traiter de froussarde n’a pas atteint mon orgueil, mais je suis surtout ici parce que j’aime beaucoup Kaïtos et que je ne veux pas qu’il meure. Et si quelqu’un peut essayer de le convaincre de faire demi-tour, c’est moi.
Nous sommes arrivés devant une femme-centaure et une prêtresse avec une croix super evil… je veux dire super holy. Elles ont dit que nous étions là pour nous rendre. Nous rendre? Personne ne m’a rien dit à ce propos. Kaïtos a fait apparaître deux épées de feu. Je pensais qu’on ne pouvait plus utiliser de magie… Moi j’ai tenté de dialoguer. Je préférais une approche pacifique à une approche violente, car les dieux savent que je n’étais pas en position de force. J’avais les meilleures intentions du monde, mais je sonnais quand même tellement «pissou». Tout ce que je voulais c’était de survivre, mais j’avais tellement peur que je sonnais vraiment comme une froussarde finie. Seigneur, je suis une vraie honte… J’ai eu beau demander des explications et dire que nous ne voulions pas nous battre, la prêtresse folle nous a quand même foncés dessus… avec sa croix holy. Si Kaïtos ne m’avait pas protégé, je serais morte.
D’autres membres du groupe sont arrivés. Cette fois-ci, c’est Narkmal qui m’a sauvé la vie, ainsi qu’à Callystus. L’épaule de Kaïtos pissait le sang, mais avant que j’aie pu lui faire des bandages, Arzhvael a fait un truc bizarre : il a pris la main de Kaïtos et ses blessures se sont refermées. Je me demande s’il peut faire ça avec d’autres éléments et surtout, s’il peut faire ça par personnes interposées? Quoique… Je suis quand même à moitié guardian, alors je vais d’abord essayer de me concentrer de toutes mes forces pour créer du dark. Si j’y arrive, je pourrai sauver Zee. De toute façon, Arzhvael me semble la personne la mieux placée pour dé-posséder Ecko de Xaoyu. Je la sens très bien…
samedi 5 décembre 2009
Truth is good... but it hurts so much (suite)
Il s’est passé quelques heures avant que l’un d’entre eux ne se remette à bouger. Sio m’a dit en passant devant moi que la bibliothèque était très intéressante. Tant qu’à continuer à perdre mon temps ici, j’ai décidé d’aller y faire un tour. Dès que je suis arrivée au niveau des autres, je me suis retrouvée dans une bibliothèque remplie de livres à perte de vue. Il y avait pleins de vieux halflings tous identiques partout. Kyle m’a dit qu’ils s’occupaient de la bibliothèque. Comme tout le monde avait l’air très occupé, j’ai décidé d’aller faire des petites recherches personnelles de mon côté. Si cette bibliothèque contenait vraiment des livres sur absolument tout, je n’aurais pas de difficulté à trouver ce que je voulais.
J’ai demandé à un des halflings de m’amener jusqu’à la biographie de mon père. Depuis que j’avais appris l’identité de ma mère, tout ce qu’on m’avait dit à propos d’elle c’était qu’elle était une femme vraiment bien. Alors depuis ce moment, je me demande ce qu’elle a bien pu faire avec un malade mental comme mon père. C’était une histoire d’un soir? Ou alors mon père n’a pas toujours été tel que je l’ai connu? J’avais besoin de savoir, alors tant qu’à être dans un endroit où je peux tout savoir sur tout…
Je ne m’attendais pas du tout à trouver ce que j’ai trouvé. Les renseignements que je lisais ne correspondaient pas du tout à ce que je savais de mon père. Comme si l’homme dont je lisais la biographie et celui que j’avais connu étaient deux personnes complètement différentes. Je me suis ensuite rendue à ma biographie, qui se trouvait dans la section des half-blood. J’ai eu envie de pleurer : il y avait plusieurs autres livres sur des half-blood de darkness, mais tous étaient très minces, signifiant qu’aucun n’avait vécu longtemps. Mon livre était le plus épais. Rien dedans ne m’a éclairée, alors j’ai décidé d’en avoir le cœur net en allant lire la biographie de ma mère.
Les livres remplissaient une rangée au complet. Comme je savais qu’elle était morte environ quand j’avais dix ans, j’ai pris le dernier livre. Ce que j’ai lu m’a donné envie de pleurer. Sigma savait qu’elle allait bientôt mourir. Aucun de ses enfants n’avait survécu et son souhait le plus cher était d’avoir un enfant qui survivrait avant qu’elle ne quitte ce monde. Muuu… Je t’aime maman et j’aurais tellement aimé pouvoir te le dire…
Elle était oracle à Wateryard et mon père était un jeune noble là-bas. Il était le mouton noir de la famille, car il n’aimait pas tuer. Euh, what? Il a plu à ma mère, alors elle a… J’ai préféré sauter les pages suivantes. Il y a certaines choses que les enfants ne devraient jamais savoir sur leurs parents. Comme je ne tenais pas particulièrement non plus à connaître ses derniers instants (je me serais mise à pleurer à coup certain), j’ai décidé de retourner à la biographie de mon père. Something wasn’t right. I never considered my father to be a «nice guy». Something made him change and I wanted, and needed, to know what.
Quand j’ai découvert de quoi il s’agissait, j’ai senti la peur que j’éprouvais pour cet homme disparaître et au-delà de la colère que je ressentais déjà, une grande haine m’a envahie. Il y a longtemps que j’avais arrêté d’espérer qu’il soit fier de moi et de pouvoir l’appeler «papa», mais aujourd’hui, j’étais passée à une autre étape. Je voulais le tuer et surtout, le faire souffrir très intensément… Ce salopard de fils de pute. Il a découvert ce que ma mère était. Il l’a vue se transformer quand elle est retournée à son pilier pour me donner naissance. Il s’est dès lors mis en tête qu’elle était un monstre et qu’elle s’était servie de lui. C’est d’ailleurs ce qu’il n’a pas arrêté de répéter à sa femme (qui était là depuis un bon bout de temps), tentant de se faire passer pour une pauvre victime.
Quand Sigma m’a confiée à lui, j’étais un bébé à peine sevré et encore… Elle pensait que je serais en sécurité avec lui. Et je l’ai été le temps qu’elle a été en vie, car il l’a craignait. Mais il ne m’a jamais aimée… Et quand Sigma est morte, c’est là que mon enfer a véritablement commencé. Il s’est dit : J’ai un monstre avec moi, alors pourquoi ne pas m’en servir?
J’ai préféré fermer le livre. Je connaissais la suite de toute façon. Il a tout fait pour me rendre complètement folle, pour me transformer en monstre. Et il a dû redoubler d’efforts, car mon tempérament était totalement opposé à ce qu’il avait en tête pour moi. Alors tu as juste décidé qu’elle t’avait trahie sans même prendre la peine de lui demander?! S’il y a quelqu’un qui a trahi c’est toi et pas elle!! Comment a-t-il pu…? Comment a-t-il osé nous trahir de la sorte ma mère et moi? J’étais si enragée que j’ai décidé de sortir. Je n’avais plus qu’une envie et c’était celle de taper sur quelque chose tout en m’imaginant qu’il s’agissait de mon père. Je suis sortie en coup de vent sans prendre la peine de demander aux autres s’ils avaient besoin de mon aide. Je suppose que j’aurais aussi pu me servir des livres pour savoir où se trouvaient en ce moment mon père, ma belle-mère et ces autres personnes qui m’avaient fait du mal, mais je n’ai pas fait demi-tour. Les retrouvailles viendront bien assez tôt. And all good things come to those who wait.
Je n’ai même pas salué ceux qui se trouvaient à l’extérieur de la bibliothèque. Je suis passée à côté d’eux, remarquant à peine leur présence. Je me suis rendue directement dehors. La pluie torrentielle ne m’a pas arrêtée. J’ai continué jusqu’à un arbre qui me semblait assez solide pour supporter mes coups et je me suis mise à taper dessus, m’imaginant que c’était mon père que je frappais.
Je te hais salaud!! Je vais t’écrabouiller la figure!! Je vais te faire souffrir!! Quand j’en aurai fini avec toi, tu me supplieras de t’achever!!
Je te hais!! Je te hais!! Je te hais!! Je ne te pardonnerai jamais de nous avoir trahies!! Jamais!! Jamais!! JAMAIS!!!
Aux gouttes de pluie se sont mêlées mes larmes. J’avais la vue embrouillée, mais je continuais quand même de frapper. Mes mains me faisaient très mal, mais je ne voulais pas m’arrêter. Je me suis mise à hurler ma tristesse et ma rage. Je ne me suis arrêtée que lorsque je n’ai plus eu assez d’énergie pour continuer. Je me suis laissée glisser par terre et j’ai continué à pleurer. I hate you… I hate you…
Je ne sais pas combien de temps je suis restée agenouillée par terre. Mes larmes ne semblaient pas vouloir s’arrêter de couler. J’étais épuisée et j’avais froid. J’allais certainement tomber malade à rester sous la pluie. J’aurais dû rentrer à l’intérieur, mais j’étais trop fatiguée pour bouger. Je suis donc restée contre l’arbre à pleurer.
Quand la pluie a cessé de couler au-dessus de ma tête, j’ai arrêté de pleurer. Il pleuvait encore autour de moi, alors qui…? Je ne savais pas à qui m’attendre, mais quand je me suis retournée et que je l’ai vu, je n’ai pas été étonnée. De qui d’autre que Kaïtos aurait-il pu s’agir? Dès que j’avais besoin d’aide, il arrivait près de moi. Comment voulez-vous que je ne pense pas que vous êtes mon ange gardien quand vous êtes toujours là pour me dire et pour faire exactement ce qu’il faut pour que je me sente mieux…?
Kaïtos ne disait rien. Il restait debout à côté de moi, totalement indifférent à la pluie. Un de ses bras s’était transformé en aile et c’est ce qui avait arrêté la pluie au-dessus de ma tête. Je l’ai regardé et j’ai senti les larmes revenir.
Countdown to hug… Three… Two… one…
Je me suis jetée dans ses bras et je me suis remise à pleurer. Ça ne me dérangeait pas qu’il ne réponde pas à mon étreinte. J’avais seulement besoin d’une présence rassurante. Please don’t push me away… Please don’t push me away… Je suis restée longtemps contre lui, accrochée comme si ma vie en dépendait, ma tête enfouie contre son torse. Je ne me suis éloignée que lorsque j’ai arrêté de pleurer. Kaïtos n’avait pas protesté, mais j’ai quand même ressenti le besoin de m’excuser. Je sais qu’il n’aime pas trop ça quand je le hugge.
Je n’ai pas eu besoin de lui dire pourquoi j’étais dans cet état. Il savait que j’avais finalement découvert la vérité. Je suis contente de savoir, mais ça fait si mal. But he’s right: it’s better to know than to stay in the dark. Even if it hurts like hell... Quand il m’a dit que les mortels étaient stupides de se laisser dicter leur conduite par leurs émotions, j’ai cru qu’il parlait de moi (je venais de dire que j’espérais avoir mon arme sous-élémentale quand je retrouverais mon père, pour pouvoir expérimenter sur lui) alors je me suis excusée. Mais c’est de mon père qu’il parlait, pas de moi. Merci Kaïtos. Hé, peut-être que je serai chanceuse et que mon arme sera super evil et comme ça je pourrai faire souffrir mon père encore plus…? Kaïtos m’a répondu qu’une arme evil n’était pas pour moi, parce que je n’étais pas comme eux. Thank you, thank you so much. If I hadn’t been scared to be pushed away, I would have told him that for everything that he did for me, I loved him very much and if he ever needed help, for anything, he could count on me.
Quand nous sommes retournés dans la grotte, je l’ai remercié. Il ne m’a pas répondu. I didn’t need him to. Never again would I believe that he didn’t care or that he wasn’t a nice man. Kaïtos was definitely my guardian angel...
Je me suis assise dans mon coin en attendant que les autres sortent de la bibliothèque. Quand ils nous ont finalement rejoints, j’ai remarqué que Callystus n’avait pas l’air d’aller bien. Au risque de passer pour une mauvaise amie, je ne suis pas allée la voir. I was too wrapped up on my own emotions. I wouldn’t have been able to help her very much. I think I need a little time alone. Tomorrow, I’ll go talk to her.
Nous sommes retournés au village. Kyle nous a gentiment offert l’hospitalité. Je suis allée me recroqueviller sur un fauteuil, dans le coin le plus sombre possible. J’ai mis beaucoup de temps à m’endormir, mes pensées étant occupées par tout ce que j’avais lu. How could you…? How could you…?
dimanche 29 novembre 2009
Truth is good... but it hurts so much
Dsl pour les petites erreurs. Et j'y ai été dans le très résumé pour certains bouts, pcq j'en avais bcp à écrire. J'ai fait 5 pages presque pleines et je n'ai pas encore fini!
As I am sitting in my armchair, in this dark corner, I can do nothing but think about everything that happened...
Nous sommes allés sauver la princesse Fumiko. J’ai été tout à fait inutile. Laurian a repéré l’endroit où elle avait le plus de probabilité de se trouver dans la forteresse… Sio a arrêté le temps pour que nous puissions nous cacher… Moi? J’ai défoncé le plafond. Je crois que j’ai peut-être assommé un samouraï en tombant… Si nous avions pu utiliser de la magie, j’aurais servi à quelque chose. Je me serais tellement vue summoner des zombies ou des squelettes pour distraire les soldats… Alors que nous nous trouvions toujours au village, Laurian avait émis la suggestion que nous utilisions des morts-vivants pour distraire les gardes le temps que nous nous infiltrions. J’ai trouvé l’idée tellement géniale que je n’ai pas pu m’empêcher de le dire à haute voix. Je pensais justement la même chose! Mais moi je me disais que je pourrais tuer un samouraï et le ramener à la vie, puis utiliser mes pouvoirs pour le faire paraître comme vivant et ensuite l’envoyer contre ses camarades. J’ai eu envie de le dire aux autres, mais quand j’ai vu les regards qu’ils me lançaient, j’ai préféré m’abstenir.
Nous avons réussi à sortir la princesse sans être blessés. Nous étions pleins de bonnes intentions, mais elle était quand même très méfiante. J’ai laissé Laurian tenter de la rassurer le temps que je ramène Sio, qui s’était mis à courir vers le devant de la forteresse, là où nos camarades se battaient. J’ai dû m’envoler pour échapper aux gardes et quand je me suis posée devant la princesse, elle s’est agenouillée et s’est inclinée très bas devant moi en m’appelant «grande déesse». Laurian m’a fait comprendre qu’à cause de mes ailes, elle pensait que j’étais la déesse protectrice de son clan. Utilisant mon nouveau statut divin, j’ai réussi à la calmer.
Nos compagnons qui avaient attaqué de front étaient dans une fâcheuse posture, mais Callystus m’a dit par magie de partir au village, qu’ils allaient s’arranger. Laurian nous a téléportées la princesse et moi au village et il est reparti pour ramener tout le monde. J’ai retrouvé Callystus dans un sale état : elle était couverte de sang et elle pleurait. Je ne connaissais pas la raison de sa douleur (j’ai appris plus tard que Sio avait encore été possédé par Gravity et qu’il avait massacré pleins de gens). Tout ce que je savais c’était que mon amie avait besoin de moi. Je l’ai donc prise dans mes bras et je l’ai nettoyée de tout le sang, j’ai pansé ses plaies et je l’ai serrée contre moi jusqu’à ce qu’elle se calme. I’m here for you Cally… I’m here for you… Il y a longtemps que je ne me sens plus comme sa simple garde du corps. Au-delà du fait qu’elle me rappelle celle que j’étais il y a une éternité et que tranquillement je suis en train de redevenir, je me suis attachée à elle. Je ne la console pas par obligation, mais parce que j’en ai envie. Je me permets même de la taquiner et de m’amuser avec elle. L’autre jour, nous avons fait une bataille d’eau dans les bains, bataille qui fuit suivie d’un peignage de cheveux en règle. It was fun…
J’aime penser que ma présence a quelque peu soigné les plaies de son cœur, mais je ne pouvais rien faire pour ses blessures physiques. Même si on ne peut pas faire confiance au prêtre, au moins il est toujours là quand quelqu’un a besoin d’être healé. Callystus a failli m’arracher le bras quand il s’est exécuté. Don’t worry so much. As long as I’m around, if he even looks like feeling of doing something suspicious, I’m going to kick him.
Après le départ du prêtre, j’ai demandé à Callystus si elle voulait bien sortir toutes ses armoires, pour que je puisse jeter un coup d’œil dedans. J’ai essayé de garder un air le plus détaché possible, mais quand elle a suggéré que nous nous pomponnions… Wouhou! Elle m’a montré ses kits de maquillage, son bidule qui réparait les ongles automatiquement… I’m so jealous… Je vais devoir lui demander de me fabriquer un truc du genre pour ma fête. Flare nous a entendues parler de pomponnage alors elle est venue se joindre à nous.
Je me suis dit que Zaphira aimerait se joindre à nous, alors je me suis mise à sa recherche. Elle se trouvait dans le jardin. Elle s’était remise du choc de la bataille et était en train de jouer avec la queue de Kaïtos. Ce n’était pas le fait qu’il se laissait faire qui était traumatisant, mais le fait qu’il était en train de lécher sa patte. J’ai été tellement fascinée que j’ai été incapable de détacher mon regard. Kaïtos lèche sa patte… Kaïtos agit en chat… Je suis restée plantée à la fenêtre à le regarder jusqu’à ce qu’il se mette à marcher. C’est là que j’ai remarqué qu’il était blessé, car il boitait.
J’ai sorti une excuse bidon à Callystus pour qu’elle ne se pose pas trop de questions et je suis sortie dehors. Je suis allée voir Kaïtos et j’ai demandé à voir sa patte. Il n’a tout d’abord pas voulu, mais j’ai tant insisté qu’il a fini par le faire : il avait une grande slash sur la patte. J’ai suggéré d’aller chercher le prêtre, mais il a catégoriquement refusé. Je lui ai donc dit que je pourrais lui faire un bandage, mais il a aussi dit non. Quand il s’est éloigné, j’ai décidé de le suivre jusqu’à ce qu’il finisse par se rendre.
Quand il s’est assis sur sa roche habituelle, je me suis agenouillée à côté avec mes bandages tendus vers lui. Il m’a dit que j’étais aussi têtue que ma mère. Ce n’était pas nécessairement dit comme un compliment, mais ça m’a fait plaisir d’être comparée à elle. Comme je n’avais pas l’intention de lâcher le morceau, il a fini par se rendre. J’ai fait de mon mieux pour être la plus douce possible dans mes gestes. La dernière chose que je voulais, c’était de lui faire mal et qu’il se fâche contre moi. Quand j’ai eu fini, je lui ai dit qu’il n’hésite pas à venir me voir si jamais le bandage avait besoin d’être changé, parce que moi je n’hésiterais pas à le faire.
Je ne voulais pas trop pousser ma chance, alors je suis partie. J’avais fait demi-tour quand je me suis souvenue d’un petit détail. Kaïtos m’avait dit que je ressemblais à ma mère. Je lui ai demandé en quoi. Il m’a dit que j’avais son cœur et ses yeux. Cette révélation m’a causé un surplus d’émotion tel que je n’ai pas pu m’empêcher de lui demander si je pouvais le hugger. Il m’a bien entendu encore répondu qu’il n’accepterait pas un autre manque de respect. J’ai donc encore dû lui expliquer que je ne voulais pas lui manquer de respect et que j’éprouvais simplement de l’affection pour lui. Lui ne voulait pas que je m’attache trop, car il n’était pas un remplacement pour ma mère. Je ne le savais que trop bien, mais ça ne voulait pas dire que je n’éprouvais pas d’affection pour lui. J’ai tant insisté qu’il a fini par accepter.
-…Pour vrai? Pour vrai?
-Of course not!
-Oh… Ok…
Muuu… Kaïtos ne veut pas que je le hugge… Toute piteuse, je suis retournée vers ma chambre. Forest m’a félicitée quand je l’ai croisé. Euh, quoi? Pourquoi «way to go»? Callystus m’a remonté le moral en me disant que Kaïtos avait changé d’avis parce qu’il s’était rendu compte que tout le monde regardait. Tout le monde regardait? Pourquoi? Forest et Callystus m’ont dit que c’était parce que c’était cute. Ça m’a un peu gênée. Je me suis seulement occupée de sa blessure. Qu’est-ce qu’il y avait de mignon là-dedans?
Callystus, Flare et moi nous nous sommes finalement fait notre soirée de filles. Ça m’a fait du bien de me rappeler durant quelques heures que j’étais une femme avant d’être une guerrière…
Le lendemain matin, je venais de me lever quand j’ai entendu Laurian dire à Kaïtos que seul le feu pouvait le guérir. Quoi?? À quoi mon bandage a servi alors? Je suis allée demander à Kaïtos pourquoi il ne me l’avait pas dit.
-Tu ne m’aurais jamais laissé tranquille.
-Si vous me l’aviez dit, oui. Vous savez, si je vous écœure vraiment trop, pas «trop», mais «vraiment trop», vous pouvez me le dire.
-Right now, you are!
-…Ok… Je m’en vais alors…
Muuu… Je voudrais juste que Kaïtos m’aime bien parce que je l’aime bien moi…
Nous n’avions plus rien à faire dans ce monde alors nous sommes retournés chez nous. Le portail que Raïko a fait nous a emmenés… dans le bureau de maître Chamberlain encore une fois. Inutile de préciser qu’il était très en colère, mais c’était le moindre de nos soucis. Nous étions revenus environ trois semaines avant notre départ, c’est-à-dire avant tous nos ennuis avec la White Blade et avant le bal à Wateryard. Ce petit détail n’était cependant que la pointe de l’iceberg. Les six guardians ont pu reprendre leur forme humaine, mais ils étaient maintenant coupés des dieux. Aucun ne sentait son arme et ni n’avait accès à son pilier. Ils étaient devenus de simples mortels, des élémentalistes. Compte tenu de leur vulnérabilité, il fallait les emmener dans un endroit sûr. Le seul endroit sûr pour l’instant était la demeure de Laguna, alors nous nous y sommes rendus. Ça a encore été l’occasion pour moi de consoler Callystus, mais je ne m’en plains pas. Je l’aime beaucoup trop pour être capable de résister à ses pleurs.
Comme cela semble être écrit dans notre destinée à tous, les ennuis nous ont suivis. Raïko et Laurian étaient partis porter un message aux hauts dirigeants de la White Blade. Nous avions tous besoin de réponses (entre autre, pourquoi Cassandra était-elle de leur côté et pas du nôtre) et comme Gale n’était pas disposé à nous les donner, une rencontre avec la White Blade était la next best thing.
Durant leur absence, le maître de Sio a décidé de se pointer le bout du nez à Uman’lil. Quand Callystus et moi l’avons appris, nous nous sommes mises à paniquer comme deux cinglées. Le mari de Laguna n’avait pas l’air de comprendre pourquoi nous nous énervions et il a encore sans doute moins compris quand notre agitation a monté d’un cran, après qu’il nous ait dit que Monochrome l’avait touché. Pourquoi tout le monde est-il si calme? Sommes-nous les seules à avoir entendu Laurian dire qu’il y avait deux Monochrome et que l’un d’entre eux était un doppleganger? Oui Laurian est un menteur-né, mais il faudrait quand même s’attarder à cette affirmation! Comme Callystus a dit : Mieux vaut être paranoïaque que mort!
Finalement, Kaïtos nous a demandé à Callystus et à moi de le suivre à l’extérieur. Je ne sais pas ce qu’il avait en tête, mais quand Kaïtos demande quelque chose, on ne pose pas de question. On dit «oui, monsieur» et on obéit. Monochrome n’était pas très loin de la mansion, avec Sio. Peu importe ce que Kaïtos voulait faire, je crois que ça n’a pas marché et en plus, quand Sio a commencé à trouver Monochrome louche (il disait avoir été dans la grotte, mais ne se souvenait ni de Callystus ni de moi), il a utilisé la gravité, mais elle n’a eu d’effet que sur nous. Il n’en fallait pas plus pour que le fier guardian du feu se mette en colère et prenne feu (littéralement).
Nous avons heureusement réussi à éviter de nous faire toucher par Monochrome, qui a fini par partir de son côté dans une auberge, pour laisser le temps à Sio de faire ses adieux. Nous avons quant à nous attendu ardemment le retour de Laurian et de Raïko. Je crois que ce dernier a été plutôt découragé de constater que nous parlions toujours du fait que Monochrome était un doppleganger. Laurian voulait se rapprocher de l’auberge, car son bidule à détecter les trucs comme lui n’était pas très fonctionnel. Ce n’est pas que j’éprouve une sympathie particulière pour lui, mais nous avons besoin de lui autant que tous les autres. Je l’ai traîné par le bras vers l’auberge. Je crois qu’il aurait préféré de beaucoup y aller seul et il a bien essayé de m’en convaincre. Ne t’inquiète pas prêtre. Ma priorité sera toujours Callystus, mais ça ne veut pas dire que je vais te laisser affronter seul un truc comme toi. Nous serions bien avancés si tu mourais.
Nous étions en train d’observer Monochrome quand j’ai senti une présence qui nous observait dans l’ombre. Je devais avoir l’air folle à regarder tout autour de moi comme ça, mais j’ai eu raison de le faire. Une silhouette encapuchonnée s’est avancée vers nous… une silhouette autour de laquelle flottait un sceptre. Même sans jamais l’avoir vu, je savais qu’il s’agissait de Chrono, le staff du temps. La silhouette devait donc être Monochrome. Mais duquel s’agissait-il? Nous avons eu la confirmation qu’il s’agissait du vrai quand il a réparé le bidule du prêtre et que ça s’est mis à sonner en direction de l’auberge. Le Monochrome que nous avions vu était donc le doppleganger. Thank god we didn’t touch him! Ce Monochrome-ci nous a dit qu’il laissait Sio avec nous pour l’instant et qu’il allait remettre les choses en ordre.
Ensuite, je ne sais pas trop ce qui s’est passé. Nous étions rendus le matin au lieu du soir. Monochrome avait remis le temps comme il devait l’être, c’est-à-dire trois semaines plus tard. Inutile de dire que ça a causé toute une commotion, qui a été d’autant plus grande que nous avions manqué le rendez-vous avec la White Blade. Comme nous ont résumé Raïko et Laurian, il y aurait une autre prophétie que celle que nous avions lue, ou plutôt une autre version. Un meeting en terrain neutre avait été fixé à trois jours plus tard. Au cours de cette rencontre, ceux qui désiraient rejoindre la White Blade seraient accueillis à bras ouverts. Malheureusement, à cause de l’avancée rapide du temps… Mais comme j’ai fait remarquer, ils ont des paladins qui peuvent détecter les mensonges, alors si nous leur disons ce qui s’est passé, nous n’aurons sans doute aucun problème à organiser un autre meeting.
Tout le monde nous nous sommes rendus à l’extérieur parce que Callystus voulait contacter son père, pour le rassurer sur son état et aussi pour lui demander de nous aider à protéger les guardians. Je ne connais pas le roi de Merra, mais il serait apparemment la personne la plus apte à protéger les guardians. Comme les relations du père de Callystus tant avec les guardians qu’avec Laurian (ou plutôt ce qu’il était) n’étaient pas ce qu’il y a de meilleur, il valait mieux être à l’écart lorsque nous l’appellerions.
Nous avons effectivement bien fait. Grâce aux coordonnées données à Callystus par son père, un portail a pu être créé pour le faire venir jusqu’à nous. Comme lorsque nous nous trouvions à Wateryard, il s’en est pris à Laurian, mais sa réaction m’a tout de même parue un peu moins excessive qu’à ce moment-là. Les choses ont fini par se calmer et les explications ainsi que les présentations ont pu être données. Quand il m’a reconnue, le père de Callystus m’a traitée de garde du corps incompétente (la plus incompétente qu’il avait jamais vue en fait) et il a dit que plus jamais il ne m’engagerait. Ben là… Vous êtes méchant… Je sais bien que j’aurais dû surveiller Callystus de plus près et je m’en suis beaucoup voulu, mais j’ai tout fait pour me reprendre par la suite : je suis restée le plus près d’elle possible, je me suis occupée d’elle quand elle était blessée ou qu’elle n’allait pas bien… Et aujourd’hui, je me trancherais les veines si je savais que ça pouvais lui sauver la vie et… Est-ce que je viens bien d’entendre Callystus dire que je suis sa meilleure amie? Je t’aime et je veux te faire un hug…
Le père de Callystus a dit qu’un de ses amis serait en mesure de nous aider, mais nous ne devrions jamais parler à qui que ce soit de ce qui se passerait là-bas. Ça ne me pose aucun problème. Cet ami se trouvait à Kotuu alors nous nous y sommes allés par magie. Ça m’a rendue un peu nostalgique d’être là-bas, car ça me rapprochait énormément d’Éomiss, qui était à bien des égards bien plus un «chez moi» qu’Arcadia ne l’avait jamais été. Je me demande qu’elle serait la réaction de Boss si je me pointais là-bas? Il serait probablement furieux que j’aie disparu durant plusieurs mois sans donner de nouvelle… J’espère qu’on aura à aller là-bas, car j’aimerais bien le revoir. Il a fait beaucoup pour moi, alors je lui dois bien de lui donner de mes nouvelles…
Kotuu est une ville d’halflings, mais l’ami du père de Callystus était un arcadien. Il s’appelait Kyle et était médecin. Il a eu un petit sourire en coin quand il a entendu mon nom, alors je me suis sentie dans l’obligation de dire que je n’étais pas du tout comme ma famille. Il m’a répondu que c’était une bonne chose. Oui, c’est un fait. Cet arcadien qui vivait dans une ville d’halflings n’était pas le fait le plus étrange. Devant sa maison, il y avait un gros loup qui montait la garde… et qui communiquait non pas en grognant, mais avec des pancartes. J’ai été beaucoup trop perturbée pour aller lui faire des câlins comme Callystus lui a faits.
J’ai été encore plus perturbée quand j’ai appris que la bibliothèque dans laquelle nous devions aller pour trouver des renseignements sur les prophéties et les armes élémentales était… le loup. Euh… Depuis quand une bibliothèque contient des livres sur tous les sujets possibles et depuis quand une bibliothèque peut être un animal? Mieux vaut ne pas poser de question.
Kyle nous a emmenés jusqu’à une grotte qui se trouvait un peu à l’écart de la ville. Il en a ouvert l’entrée et nous nous sommes retrouvés dans un long couloir dont les murs étaient recouverts d’étranges gravures représentant des êtres que je n’avais jamais vus auparavant. Il s’agissait d’alorians, une race qui était maintenant disparue. D’autres gravures plus loin montraient comment ils avaient été anéantis, par de grands animaux : un pégase, un oiseau, un lion, un dragon et un serpent. Kaïtos n’a rien dit, mais à voir la façon très intense dont il regardait la gravure de l’oiseau, je savais qu’il avait participé au massacre. Il avait l’air si triste qu’il ne m’est même pas venu à l’idée qu’il l’avait fait de son plein gré.
Quand les autres ont continué leur chemin, Kaïtos est resté dans le couloir à regarder les gravures. Je ne voulais pas le laisser seul, alors je suis restée aussi… à observer subtilement les gravures sur l’autre mur. Je me suis ainsi rapprochée de celle qui représentait un grand dragon. Pour m’être fait dire que j’étais à moitié dragon, je savais qu’il s’agissait de ma mère. Alors quand Kaïtos s’est approché de moi et m’en a fait la remarque, j’étais déjà au courant. Elle est magnifique. J’aurais tant aimé la connaître… Kaïtos m’a dit que pour un guardian qui devait protéger la vie, détruire était le pire des châtiments. Pauvre Kaïtos… J’ai senti beaucoup de tristesse dans sa voix et un sentiment de hug très intense m’a envahi. Mais je me suis retenue. Kaïtos n’avait pas l’air de raffoler des hugs, alors mieux valait ne pas trop pousser ma chance. Je me suis contentée d’un pate-pate sur l’épaule. Avant de retourner de son côté pour continuer d’observer les gravures, il m’a dit que je devrais être dans la bibliothèque avec les autres, que je pourrais y apprendre des choses importantes. Sans aucun doute, mais j’avais le sentiment que je devais rester là où j’étais. Peut-être que je faisais tout ça pour rien, mais il avait l’air si triste que je voulais rester près de lui, je voulais qu’il comprenne qu’il y avait quelqu’un qui était là pour lui. After all, that’s what you’re supposed to do, right? Help the people you care about in any way you can?
Quand Kaïtos a continué son chemin pour rejoindre les autres dans la grande salle, je l’ai suivi en silence. Je me suis assise à une distance respectable de lui. Je ne voudrais pas qu’il se mette à me trouver harcelante. Une partie du groupe (tout le monde sauf les guardians, Tania et Gale) était parti dans la bibliothèque. Ils se trouvaient tous en plein milieu de la pièce et ils étaient tous complètement figés.